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Podium Paul Verhoeven

En 45 ans de carrière, Paul Verhoeven n'avait été invité à fouler le tapis rouge de la croisette du festival de Cannes qu'à une seule occasion lors de la présentation de Basic Instinct en compétition officielle. Absent du palmarès de cette année 1992, le jury lui préféra l'académisme pompier et pompeux du cinéaste danois Bille August, qui à l'instar des frères Dardenne aujourd'hui enchaînait à l'époque les honneurs cannois. Alors que la croisette s’étranglait en criant à la pornographie, la misogynie et l'homophobie, le public saluait la naissance d'une actrice incontournable et assurait à Paul Verhoeven un nouveau succès après Robocop et Total recall.
Vingt ans plus tard, c'est sous pavillon français que le navire hollandais revient en compétition avec Elle. Après la fin de l'aventure hollywoodienne et dix ans d'absence depuis son magnifique Blackbook, cette adaptation d'un roman de Philippe Djian intrigue autant qu'elle fascine. Terrain de jeu idéal pour un cinéaste passé maître dans l'art de la provocation et du faux-semblant Elle n'aura une fois de plus pas séduit l'académie du Festival de Cannes. Une non-récompense qui sied si bien à un cinéaste qui a toujours su frayer son chemin à distance des prescripteurs du bon goût institutionnel.

PODIUM

1-Starship Troopers (1997)

Retour à la science fiction après Robocop et Total recall, cette satire au vitriol d'un militarisme triomphant sera à sa sortie accusée de nazisme et de glorification aveugle de la guerre par la critique américaine avant que la critique européenne ne lui emboîte le pas sans sourciller. Nouveau divorce entre la critique et le public, Starship Troopers reste pourtant vingt ans après sa réalisation une pierre angulaire du genre et suggère ce qu'aurait pu devenir le visage du space opera moderne si Paul Verhoeven avait réalisé Le retour du Jedi en lieu et place de Richard Marquand en 1983.

2-Robocop (1987)

Sorti en 2014, Robocop est la modernisation aussi conformiste qu’inutile d’un autre film homonyme, celui de Paul Verhoeven, brulot anar teinté d’espoir où les huiles usagées se mêlent aux sangs et la chair déchiquetée au métal. Dans cet univers à peine futuriste presque totalement dépourvu d’horizon et de tolérance, et à l’aube d’une grande période de blockbusters magnétiques, Robocop ouvrait la voie à tous les possibles aujourd’hui largement bridés. En tout cas, si l’on en croit son récent et déprimant remake.

3-Turkish Delights (1973)

Plus gros succès de toute l'histoire du cinéma hollandais et diffusé en France dans seulement quelques salles spécialisé dans la fesse coquine, Turkish Delights est la porte d'entrée idéale vers le pendant européen de la filmographie de celui que la critique n'allait pas tarder à surnommer "le hollandais violent". Sublime histoire d'amour passionnel, porté par un casting en état de grâce (Rutger Hauer et la débutante Monique Van de Ven), Turkish Delights est peut être le film qui aura le mieux saisi l’élan de la révolution sexuelle des années 60. Première grande figure de LA femme chez Paul Verhoeven, Monique Van de Ven ouvrait la voie à un cortège d'actrices, Renee Soutendijk, Sharon Stone, Elizabeth Berkley, Carice Van Houten, qui allaient trouver leurs plus belles incarnations devant la caméra du réalisateur.

Gregory Audermatte : Starship troopers / Turkish Delights / Robocop
Cyrille Falisse : Basic Instinct / Showgirls / Black Book
Olivier Grinnaert : Starship Troopers / La Chair et le sang / Total Recall
Manuel Haas : La chair et le sang/ Turkish Delight / Robocop
Lucien Halflants : Showgirls / Speeters / Total Recall
Jérémy Martin : Starship Troopers / Robocop / Total recall
Emmanuel Raspiengeas : Robocop / Starship Troopers / Total Recall
Daniel Rezzo : Turkish Delight / Black book / La Chair et le Sang
Valse Noire : Basic instinct / Total recall / Showgirls

Textes : Lucien Halflants et Manuel Haas

Réalisateur : la rédaction

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 23 Mai 2016

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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