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Podium Nicolas Winding Refn

Après le feu Drive en 2011 (prix de la mise en scène) puis la glace Only God Forgives en 2013, l’édition 2016 célèbre les retrouvailles entre la croisette et le réalisateur Nicolas Winding Refn. Le trublion danois est de retour avec The Neon Demon, long-métrage qui exhale déjà un parfum de soufre, qualifié de «film d’horreur dans le milieu de la mode», il compte à son casting la très jeune Elle Fanning, le sympathique Keanu Reeves et a le bon goût de faire un clin d’œil à La Féline (1942) dans sa bande-annonce.

Enfant de la balle né à Copenhague en 1970, Nicolas Winding Refn est un phénix. Le carton de son premier long-métrage, Pusher (1996) lui offre sa première vie, qui s’achève en 2003 avec le bide de Fear X, son premier film américain co-scénarisé par l’écrivain Hubert Selby Jr. La queue entre les jambes, il retourne au Danemark criblé de dettes et joue son va-tout en donnant deux suites à son premier hit. Les succès de Pusher 2 (2004) et Pusher 3 (2005) remettent Nicolas Winding Refn sur les rails. Devenu LE réalisateur à suivre des cercles cinéphiles marginaux, il dégoupille les grenades Bronson (2009) et Valhalla Rising (2010) avant d’entamer sa troisième vie: le succès critique et public de Drive le fait passer de la marge au centre. Après ce film, la radicalité esthétique et la sécheresse narrative d’Only God Forgives ne surprend que les nouveaux admirateurs du réalisateur. Et pour cause, le héros taiseux et le parfum ésotérique de Valhalla Rising laissait déjà entrevoir le cauchemar thaï de Ryan Gosling.

Au Passeur critique, Nicolas Winding Refn nous est éminemment sympathique, l’usage de sa notoriété lui fait endosser lui aussi le rôle de passeur. Comme ses confrères Martin Scorsese, Quentin Tarantino ou Bertrand Tavernier, Nicolas Winding Refn propage sa cinéphilie telle une infection contagieuse. À Cannes cette année, il présente la restauration de La Planète des vampires de Mario Bava (1965). Auparavant, il a rendu hommage à Kenneth Anger, à William Friedkin ou encore à un cinéma d’exploitation perdu dans son livre L’Art du regard (2015).

À l’instar de l’un de ses célèbres et bruyants compatriotes, Nicolas Winding Refn signe désormais de ses seules initiales, NWR. Si l’homme affiche en public une assurance irritante, cet acronyme ne serait-il qu’un pseudonyme dissimulant les angoisses profondes du petit Nicolas ? La solitude forcenée des sociopathes de sexe masculin qui se débattent dans ses films abonde en ce sens. Au-delà d’un bon film, qu’espérer pour Nicolas Winding Refn dans la compétition cannoise cette année ? Un échec, pour une possible remise en question ? Ou un succès, et l’affirmation d’un dangereux virage narcissique ?

LE PODIUM

1-Pusher (1996)

La descente aux enfers de Frank (Kim Bodnia), petit dealer traqué par les hommes de Milo (Zlatko Buric), grossiste aussi amical que redoutable. Film de personnages plus que film criminel, descendant du Mean Streets (1973) de Martin Scorsese, Pusher ou le portrait d’une petite frappe incapable de communiquer la moindre émotion, premier d’une longue série des héros refnien. Un coup d’essai transformé pour NWR, qui lui ouvre les portes d’Hollywood.

2-ex aequo Drive  et Pusher 2 

Drive  (2011)

Le film de la consécration, où Nicolas Winding Refn s’affirme comme créateur d’images, parvenant à élever Ryan Gosling du rang de gastéropode à celui d’icône (grâce entre autres à un blouson judicieusement choisi). Un succès retentissant, dû aussi à la partition sous-influence eighties signée Cliff Martinez et à un inoubliable baiser dans un ascenseur.

Pusher 2 (2004)

Petit rôle dans Pusher, le demeuré Tonny se retrouve au centre de Pusher 2. Pour l’incarner, Mads Mikkelsen prête son visage escarpé et la douceur de son regard au personnage le plus touchant de l’univers de Nicolas Winding Refn. Peut-être le seul film de son auteur où le trajet intime l’emporte sur le style du réalisateur.

3-Only God Forgives (2013)

Projet de longue date, Only God Forgives célèbre les retrouvailles entre Nicolas Winding Refn et Ryan Gosling dans l’enfer nocturne de Bangkok. Une plongée dans les bas-fonds, où le réalisateur prend un malin plaisir à abîmer la belle gueule d’un anti-héros dont les répliques se comptent sur les doigts de la main.

Gregory Audermatte : Drive / Only god forgives / Valhalla rising
Cyrille Falisse : Pusher / Drive / Pusher 2
Olivier Grinnaert : Valhalla Rising / Pusher 2 / Only God Forgives
Manuel Haas : Pusher 2 / Pusher / Drive
Lucien Halflants : Only God Forgives / Drive / Valhalla Rising
Jérémy Martin : Bronson / Pusher / Pusher 2
Daniel Rezzo : Pusher 1 / Pusher 2 / Pusher 3
Valse Noire : Bronson / Valhalla rising / Drive
Guillaume Saki : Pusher / Drive  / Only god forgives 

Réalisateur : La rédaction

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Critique mise en ligne le 20 Mai 2016

AUTEUR
Olivier Grinnaert
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Je fus initié au cinéma dans les années 80 par le gérant d'un vidéo-club pr...
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