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The Curse

 

Plus qu'un film d'horreur, The Curse est un thriller horrifique mêlant assez habilement effets gore et whodunit classique. Dans la collection Mad Movies lancée par M6 Vidéo, The Curse est le deuxième inédit après le passionnant Inside. Et reconnaissons-le, ce titre méritait une sortie vidéo, histoire de ne pas laisser dans l'ignorance les slasherophiles francophones.

Derrière le titre français The Curse (cherchez l'erreur), se cache en fait Needle, une production australienne qui écume les festivals spécialisés depuis trois ans (plusieurs récompenses, nous assure-t-on, en Australie et en Angleterre). Les arcanes de la distribution sont insondables : Needle n'est sorti en salles qu'en Turquie... Allez savoir pourquoi... Dans le film, les étudiants bossent fort, comme le détroit. A part ça, aucun lien avec ce beau pays qui accueillit en son temps quelques-unes de mes plus longues soirées et qui décida de mon avenir.

Needle en dit long sur les méthodes que le tueur utilise. Pour vous aiguiller, sachez que le méchant dispose d'une petite boîte vaudou qui lui permet, à distance, d'égratigner, taillader, balafrer voire découper ses victimes (cool le dico des synonymes sur OpenOffice!). Alors qui sont ces victimes ? Pourquoi bénéficient-elles des attentions assidues et personnalisées d'un odieux tueur (un tueur est souvent odieux, mais l'utilisation de cet adjectif insiste sur le fait que le tueur est TRES méchant) ?

En fait, la faute en revient aux frères Rutherford. Ben (Michael Dorman, vu dans l'excellentissime Triangle de Christopher Smith) et Marcus (Travis Fimmel) sont les fils de l'acheteur de cette fameuse boîte. Après la mort mystérieuse et explosive du brave géniteur, dont nous suivons les détails anatomiques et sanguinolents durant les premières minutes de la bobine, l'objet est récupéré par Ben... Et c'est le début des ennuis, et la fin des haricots par chacun de ses amis, par ailleurs étudiants (et bûcheurs comme évoqué plus haut). Chacune des exécutions nous est soigneusement détaillée et, rendons grâce à l'équipe du film, tout cela est bien fichu. Mais là où des productions comme Final Destination restent au niveau du catalogue de mises à mort sans réel lien narratif, The Curse parvient à susciter l'intérêt, ou à tout le moins à prévenir le sommeil, par un scénario assez solide, même si bourré d'incohérences. Les personnages sont aussi immatures et neuneu qu'en Europe ou aux Etats-Unis, mais on sent l'envie du scénariste-réalisateur John V. Soto d'aller un peu plus en profondeur que ses confrères, accoucheurs de féroces oeuvrettes au rabais et sans prétention. On se prend donc au jeu des fausses pistes et des indices jusqu'à la révélation de l'identité du tueur.

Tourné à Perth, The Curse a néanmoins quelques évidents bénéfices. La photographie est assurée par le vétéran Stephen F. Windon, entre autres responsables des derniers Fast and Furious. Sur pilotage automatique, plus lent et moins furieux, Stephen joue avec une palette de couleurs sombres du meilleur effet. Les mouvements de caméra sont amples et élaborés. Profitant à l'évidence d'une grue sur laquelle poser sa caméra, Soto use et abuse du joujou, et c'est n'est pas désagréable. Le casting est carré, les acteurs sont interchangeables mais souriants (sauf au moment de se faire trucider). A noter la présence de Jane Badler, mythique vedette de V, qui, dans le rôle d'un professeur d'archéologie (on n'y croit pas une seconde, je vous rassure) ressemble de plus en plus à Claire Nadeau.

Ne nous leurrons pas, The Curse ne s'élève que rarement au-dessus des productions du genre. Respectant les codes à la lettre, assumant les énormités scénaristiques la tête haute, cette péloche modeste et honnête m'a tout de même tenu éveillé durant 80 minutes. Et c'était, le jour de la projection, vu l'heure tardive, un petit exploit. On n'en dira pas autant du making of, tellement plat et marketé qu'un visionnage au troisième degré ne suffira pas. Le DVD se rattrape côté technique. Le son célèbre les sévices, à gauche, à droite, devant et en arrière. L'image rend grâce au talent et au salaire de Windon.

En bref, un bon petit slasher qui ravira petits et grands et vous fera passer un excellent moment en famille !

 

Durée : 01h25

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 02 Juin 2013

AUTEUR
Daniel Rezzo
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