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Masterclass Bill Plympton

Invité d'honneur de l'édition 2014 du Festival Anima, Bill Plympton revenait 5 ans après Idiots and Angels, avec son nouveau long métrage Les Amants Electriques défendre haut et fort les couleurs de l'animation indépendante américaine. En marge d'une sélection officielle riche et ambitieuse, le réalisateur irrévérencieux de L'étrange Lune de Miel était également présent pour donner une de ces masterclass endiablée dont il a le secret. Au programme de ce voyage dans les arcanes de sa filmographie, une somme d'information gargantuesque où l'humour le dispute à une véritable roublardise digne des plus grands raconteurs d'histoire.

Avec 7 longs et une multitude de courts métrages scénarisés, dessinés, réalisés, financés et produits en totale indépendance, Bill Plympton sait parfaitement que le nerf de la guerre se résume bien souvent au sourire de Georges Washington au dos d'un billet vert.

Devant un parterre essentiellement composé de professionnels et d'étudiants, l'américain a livré les clés de sa réussite et de sa remarquable longévité, une recette déclinée sous le nom de «  Plympton Dogma » et qui se résume aux trois adjectifs malicieux de « short, cheap and funny » soit  « court, drôle et bon marché  » . Une formule éprouvé où le terme de «  court » s’accompagne d'une durée n'excédant pas les cinq minutes et qui assure à l'œuvre de ne pas être interrompue en cours de route. Un beau pied de nez au cinéma de la lenteur qui envahit les festivals du monde entier et dont le critique Jean Baptiste Thoret avait exposé la vacuité et le conformisme dans une tribune du quotidien Libération. Pragmatique, le professeur Plympton n'oubliera pas de préciser que cette économie narrative doit toujours se coupler à des coûts de fabrication ne « devant pas excéder les 700 euros la minute », seul véritable moyen de rentrer dans ses frais et de rester ainsi « bon marché ». Une démarche qui permet au cinéaste de financer ses longs métrages par la réalisation et les revenus issus de ses nombreux courts-métrages, de l'hilarant Guard Dog au générique des Simpsons revisité.

Dernier axiome de cette liste et véritable clé de voûte du cinéma de ce trublion de 67 ans, le « rire » était à l'honneur de cette belle journée de festival, un humour violent et ravageur pour conjurer « le caractère triste et désenchanté » de la vie. Chez Bill Plympton, le rire est avant tout une thérapie contre la morosité du monde et la bêtise des hommes. Violent et subversif son cinéma affiche sans détour sa nature de « cartoon pour adulte » à mi-chemin entre Tarantino et Capra.

Habitué des festivals, Plympton soulignera également l'importance ce type de diffusion dans la promotion de ses longs métrages, plus appréciés de ce côté de l'Atlantique que dans son propre pays d'origine.

Entrecoupée d'extraits de son dernier film et de nombreuses autres réalisations, la masterclass se prolongera avec l'évocation de ses rapports avec le géant Disney (Plympton ayant été approché pour donner vie au génie transformiste d'Aladdin), l'importance du storyboard dans son processus d'écriture et de son admiration pour le grand Winsor McCay, père de Little Nemo, dont il a supervisé la restauration du chef d'œuvre The Flying House. Un programme alléchant qui sera au menu de notre interview à paraître la semaine prochaine et où le papa des Mutants de l'Espace évoque tour à tour son amour de l'animation japonaise et sa participation aux anthologies Abc of Death et The Prophet.

Crédits photo : Festival Anima

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 04 Avril 2014

AUTEUR
Manuel Haas
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Biberonnée au cinéma populaire, ma cinéphilie ne connaît pas de frontières et se ...
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