Dossier & ITW
Festival Cinemed 2015

Du 24 au 31 octobre s'est tenu à Montpellier la 37 édition du Cinémed, petit festival aux grandes ambitions présentant une triple compétition: court, long et documentaire. Chaque année, la sélection dévoile une méditerranée aux visages multiples et met à l'honneur des créations nationales trop souvent absentes des grandes compétitions internationales. Contrairement à son grand frère cannois, le Cinemed est moins bling et résolument plus populaire : une belle place est faite aux cinéphiles de la région et aux étudiants qui sont nombreux à assister aux projections et converser avec les réalisateurs. Reste à espérer que le tout nouveau directeur artistique Christophe Leparc, venu de la Quinzaine des réalisateurs, ne "cannes-ibalise" pas ce bel esprit montpellierain.

Accueilli par une douceur d'été indien, on ne verra finalement que très peu le soleil à Montpellier. C'est le prix à payer pour suivre une sélection riche qui propose pas moins de trois films à chaque heure de la journée. Enfermés dans les salles obscures, on espérait se rattraper avec les vues cinématographiques d'une méditerranée scintillante...mais le soleil semble aussi avoir déserté les écrans. Adieu les oliviers, bonjour les forêts denses et profondes, froid hivernal et nuit noire sont descendus sur les villes et les campagnes. L'ambiance cette année n'est pas à la rigolade, à l'exception du film Good Luck, Algeria, premier long métrage de Farid Bentoumi qui a d'ailleurs reçu le Prix du Public (sorte de rasta rocket algérien qui voit Sami Bouajila chausser des skis pour qualifier le pays de son père au Jeux Olympiques et sauver une petite entreprise de sport d'hiver). Ce film, plus lumineux que véritablement drôle a le mérite de verser un goutte d'espoir dans une sélection qui navigue davantage sur les eaux noires des guerres et crises qui meurtrissent le rivage méditerranéen.

La compétition semble en effet ausculter les blessures encore vivaces d'une mémoire régionale marquée par les conflits. C'est d'ailleurs de deux pays peu épargnés par les querelles fratricides que nous viennent les plus belles révélations de ce festival. Présentés par le Kosovo et la Palestine, deux films se distinguent doublement par leurs origines mais aussi leurs qualités. Trois Fenêtres et une Pendaison nous plonge dans la campagne kosovarde, aux lendemains de la guerre avec la Serbie. Une jeune institutrice brise la loi du silence en racontant à une journaliste son viol par des soldats serbes, avec trois autres femmes du village. Avec une pudeur qui n'enlève rien à la force de la démonstration ni à l'horreur des situations, le réalisateur Isa Qosja révèle la violence sourde des rapports entre les sexes dans son pays. Remarquablement mis en scène son film a reçu le Prix de la critique. Aux somptueux plans fixes dans la campagne kosovarde, s'oppose la caméra virevoltante des frères Arab et Tarzan Nasser. Prisonnière du huis clos étouffant d'un salon de beauté à Gaza, elle butine de femmes en femmes, espionnant leurs disputes et leurs secrets, révélant leur douleur et leur vanité. Dégradé est la métaphore d'une société palestinienne enfermée sur elle-même, rongée par les dissensions internes. Un dispositif efficace pour un récit sous haute tension, qui a le mérite de tromper les attentes en s'affranchissant de la seule question des relations avec Israël. Les frères Nasser repartent donc avec une mention spéciale du jury et le Prix jeune public.  

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 03 Novembre 2015

AUTEUR
Anne Bellon
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