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Exposition : Pixar, 25 ans d'animation

Au cœur de Paris, le musée Art Ludique vient d’ouvrir ses portes. Il s’annonce comme le lieu de rencontre entre art contemporain et Entertainment. L’exposition « Pixar 25 ans d’animation », jusqu’au 2 mars 2014, met donc en avant ce lien étroit entre cinéma et peinture au service du processus créatif. 

En pénétrant dans cette exposition, on est tout de suite confronté à cette phrase :

« L’ordinateur ne crée pas plus l’animation numérique que le crayon ne crée le dessin animé. Ce qui crée l’animation numérique, c’est l’artiste. » (John Lasseter, directeur de création Pixar)

On s’imprègne de ce dogme qui met paradoxalement l’homme créateur au centre de ses préoccupations, reléguant le pouvoir de l’ordinateur à une simple exécution. L’idée semble être tout à la fois l’essence et le moteur du studio.

Pixar voit le jour au sein du département informatique de Lucasfilm en 1979 sous le nom de Graphics Group. L’entité est rachetée en 1986 par la figure emblématique d’Apple, Steve Jobs, qui tente de lancer son activité dans la production d’ordinateur sans aucun succès. John Lasseter propose alors de développer le pôle animation en créant des publicités pour des clients tels que Tropicana ou Listerine. En marge de cette activité, l’entreprise produit des courts-métrages dont le très célèbre Luxor Jr., lampe devenue emblème du studio. Dès 1995, Pixar se rapproche de Disney pour sortir son premier long-métrage Toy Story, dont le succès critique et commercial a permis à l’entreprise de devenir un grand studio d’animation. Parmi ses productions, on peut notamment citer 1001 pattes (1998), Monstres et Cie (2001), Le Monde de Nemo (2003), Les Indestructibles (2004) ou encore Ratatouille (2007).

La société a été rachetée par The Walt Disney Company en 2006, pour devenir filiale de Walt Disney Pictures.

La force du studio est de s’appuyer sur trois thèmes prédominant, à la base du processus de création, repris par le parcours de l’exposition : l’histoire, le personnage et l’univers. En ce sens, on constate que Pixar n’a rien inventé puisqu’il reprend les principes élémentaires de dramaturgie, tels que développés par Yves Lavandier, auteur de l’ouvrage de référence La dramaturgie.

L’histoire : La base du récit est l’idée. Pour comprendre ce concept, Emma Coats, salariée de  Pixar, a réuni en 2012 22 conseils pour créer une bonne histoire. On y retrouve des règles d’écriture insolites telles que :

«  Il était une fois. Tous les jours, Un jour. A cause de ça, A cause de ça,. Jusqu’à ce que finalement ».

« Terminez votre histoire. Même si elle n’est pas parfaite. Dans un monde parfait vous auriez réussi mais ce n’est pas grave. Vous ferez mieux la prochaine fois ».

« Exercice : prenez les morceaux constituant un film que vous n’aimez pas. Comment les réarrangeriez-vous pour en faire quelque chose que vous aimez ? »

Le développement personnel et l’estime de soi sont deux sujets banals qui inspirent fortement Pixar. Ils font partie de la nature humaine et touchent de ce fait d’autant plus le public. L’ambition est également au rendez-vous avec notamment Woody, le cavalier de chambre, qui cherche à trouver sa place depuis l’arrivée d’un nouveau jouet révolutionnaire Buzz l’éclair dans Toy Story,  ou bien Rémy qui rêve de devenir un grand cuisiner dans Ratatouille, ou encore Flash McQueen souhaitant gagner une course de voiture dans Cars….

Le personnage : La création des personnages est un élément clé de la réussite des films Pixar. En effet, il permet aux spectateurs de s’identifier à une figure emblématique. Cette dernière crée le lien d’attachement entre le film et le public. Enfin, elle a pour objectif de véhiculer le message des scénaristes. Le développement de personnages charismatiques se fait à l’aide de nombreux croquis, peintures tous effectués à la main. C’est seulement dans un second temps, une fois les traits principaux trouvés, que le personnage peut être modélisé en 3D par l’intermédiaire de l’infographisme. Pixar ne manque pas de personnages attachants. On peut se souvenir de l’adorable poisson Némo dans Le Monde de Némo, de la famille Indestructibles dans Les Indestructibles ou bien du marquant Carl Fredricksen dans Là-haut.

L’univers : La dernière partie de l’exposition vient montrer l’attention des artistes Pixar pour l’univers dans lequel chaque personnage évolue. Il est déterminé par ses détails, ses formes, ses couleurs. On comprend que l’inspiration de cet environnement se fait par étapes. Dans un premier temps, le créateur ne se donne aucune limite, laissant libre court à son imagination pour façonner un monde fantasque. Puis, dans un second temps, il faut lui donner de l’ordre en déterminant des règles internes de sorte que le spectateur puisse s’y retrouver en faisant le cas échéant des comparaisons avec ce qu’il connait dans le monde réel. Par exemple, l’univers de Monstres et compagnie s’appuie sur un monde parallèle dans lequel  vivent des monstres dont le but est de faire peur aux enfants. Cet univers fantastique est un endroit imaginaire car on y croise des créatures hors du commun. Pour autant, il est rattaché au réel en s’inspirant de la peur enfantine du monstre caché sous le lit vécue par chacun d’entre nous.

Sorti des salles ayant trait à ce tryptique non original, on arrive au constat que la force de Pixar ne réside pas dans les méthodes pour créer des histoires mais plutôt dans la manière qu’ils ont de les traiter. L’astuce du studio est donc une idée poussée à son paroxysme, alliée avec une technologie numérique de pointe pour pouvoir la développer.

L’exposition propose tout au long de son cheminement des expériences ludiques comme un Zootrope. Ce jouet d’optique, breveté en 1867, est un cylindre en rotation donnant l’illusion du mouvement des images. Avant l’invention du cinéma, il pose les prémices des principes de l’animation.

Autre curiosité, l’Artscape qui est une installation audiovisuelle sur écran panoramique qui plonge le spectateur dans un univers Pixar regroupant l’ensemble des dessins animés. La technologie s’appuie pour cela sur une simulation de mouvement 3D.

Par cette exposition, Pixar sait donc convaincre de la force de sa créativité et de sa puissance dans le milieu de l’animation. Pourquoi donc sent-on depuis quelques années une baisse d’originalité dans ses films, notamment avec Rebelle ou Monstres Academy ? La recette magique explicitée ci-dessus n’est peut-être pas si simple à appliquer, surtout sur du long terme. Aussi, comme toute conception, il faut savoir renouveler son savoir faire pour retomber dans une nouveauté attractive. C’est peut-être le challenge qui s’annonce pour le studio. Voir notre critique de La Reine des Neiges.

Pixar, 25 ans d'animation, l'exposition au Musée Art Ludique
Du 16 Novembre 2013 au 2 Mars 2014,
Horaires : 11h-19h lundi-vendredi | 10h-20h week-end | nocturne vendredi jusqu'à 22h
Tarifs : 14€ | 11€ étudiants et chômeurs | 8,5€ enfants -12ans |gratuit -4ans
Site de l'exposition Pixar, 25 ans d'animation au Musée Art Ludique

Réalisateur : (Indisponible)

Acteurs : (Indisponible)

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Critique mise en ligne le 04 Décembre 2013

AUTEUR
Antoine Corte
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