Critique de serie
Peaky blinders

Peaky Blinders est une série de 6 épisodes de la BBC Two, diffusée de septembre à octobre 2013. Elle relate l’histoire vraie d’un gang de malfrats dans le Birmingham des années 20 et qui avait pour habitude de cacher des lames de rasoirs dans la visière (peak) de leurs casquettes afin de s’en servir comme arme.

Dirigé par Tommy (Cillian Murphy), le cadet des frère Shelby, l’association familiale de malfaiteurs va se voir perturber par l’arrivée de l’inspecteur en chef Chester Campbell (Sam Neill) dépêché par la Royal Irish Constablulary pour remettre de l’ordre dans cette cité industrielle où Irlandais en quête d’autonomie, gitans, communistes et policiers corrompus se côtoient dans un joyeux bordel à l’ombre des grandes entités industrielles.

Dès les premières scènes, Peaky Blinders nous fait penser à la série américaine de HBO, Boardwalk Empire. Tommy Shelby revient de la Première Guerre Mondiale avec de nombreuses séquelles traumatiques à l’instar du personnage de Jimmy Darmody (Michael Pitt). L’histoire de la première saison est donc celle de son irrésistible ascension, sur fond de duel avec un délégué de l’autorité, à l’aspect vertueux mais profondément vicieux. Série britannique oblige, le contexte social de Peaky Blinders apparaît plus développé que celui de Boardwalk Empire où il faut attendre la quatrième saison pour que la question des discriminations raciales soit abordée. Bien entendu, le réalisateur Stephen Knight se défend de toutes inspirations venues d’outre-atlantique et il serait injuste de lui faire ce procès tant Peaky Blinders dispose d’une identité qui lui est propre.

La direction de la photographie participe à donner une ambiance particulièrement crade à la série. L’image est froide au possible, la scène d’ouverture du premier épisode en est une parfaite illustration : Tommy Shelby, regard caché dans l’ombre de sa visière et pommettes émaciées traverse une ruelle boueuse à dos de cheval. En deux minutes de scène, on ne perçoit jamais le ciel, cela même alors que les contre-plongées sont nombreuses. La lumière provient uniquement des reflets crapoteux de la voie désertée de ses habitants où trône notre héros tel un cavalier de l’apocalypse. Le seul contraste de cette scène réside dans la poudre rouge que souffle la diseuse de bonne aventure aux naseaux de la monture.

Aussi esthétique que soit cette scène, il serait faux de nier que la réalisation de Peaky Blinders soit parfaitement maîtrisée. Stephen Knight abuse des gros plans à la profondeur de champ excessive qui n’apportent strictement rien hormis se complaire dans un esthétisme glauque. Idem pour les flashbacks de Tommy le replongeant dans les tranchées de la der des ders : l’épileptique caméra est censée immerger le téléspectateur dans l’angoisse mais cela se fait ici au détriment de la compréhension des scènes.

Côté acteur, la série est taillée sur mesure pour Cillian Murphy, le rôle de l’acteur principal de 28 jours plus tard est d’une complexité étonnante : camé, chef de clan, manipulateur mais meurtri par la guerre et ses déboires sentimentaux, sa prestation renvoie le reste du casting au rôle de faire-valoir. L’autre tête d’affiche, Sam Neill, est décevant et n'arrive jamais à donner à son personnage la dimension attendue, son seul vice étant de s’amouracher de sa partenaire Grace, interprétée par Annabelle Wallace.

On appréciera également l’habillage musical qui pioche dans le répertoire des Whites Stripes, de Nick Cave et des Raconteurs et renforce l’identité rock’n’roll de la série.

Au final, sans être parfaitement maîtrisée techniquement, la première saison de Peaky Blinders n’en reste pas moins jouissive tant elle dispose de charme et de caractère. La présence de Cillian Murphy se verra renforcée dès la deuxième saison par son camarade d’Inception, Tom Hardy. Excellent divertissement, si le second volet gagne en maturité et en complexité, Peaky Blinders cessera de souffrir de la comparaison avec son homologue américain.

Durée : (durée indisponible)

Date de sortie FR : (date indisponible)
Date de sortie BE : (date indisponible)
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Wally
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Critique mise en ligne le 03 Mars 2014

AUTEUR
Michaël Bastien
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