Critique de film
X-men : Apocalypse

Nous trépignions d’impatience à l’idée d’aller voir le tout dernier opus de X-Men : Apocalypse, nous languissant de la prouesse de Bryan Singer avec le précédent X-Men : Days of Future Past. Quelle fut notre déception d’avoir à attendre la fin du premier tiers du film pour voir échapper nos premiers gloussements, mi forcés mi soulagés. En effet, X-Men Apocalypse n’est définitivement pas le plus drôle de la série, soit. Il n’est pas non plus le plus innovant, ni le plus divertissant et semble s’acharner à vouloir rejouer des tours de magie dont nous connaissons d’avance les combines.

L’Apocalypse du préquel

Troisième opus de la deuxième trilogie issue de la série Marvel, X-Men Apocalypse place son intrigue dans les années 80. Tandis que Magnéto vit caché dans une cabane avec femme et enfant et travaille d’arrache-pied dans une usine de métallurgie pour faire profil bas sur sa réelle identité, Apolalypse se réveille dans les décombres d’une ancienne pyramide quelque part au Caire. Tout premier mutant de l’histoire des mutants et le plus puissant de tous, il a passé ses jeunes années à voler les pouvoirs d’autres mutants. Après des milliers d’années de sommeil profond, Apolcalypse se réveille pour constater que sa race ne gouverne plus l’humanité. Habité d’une déception inégalée, il décide de former une armée de robustes mutants pour purifier la terre et rétablir son règne d’antan.

La mise en place de cette intrigue aux allures d'Indiana Jones se fait avec autant de légèreté que la répétition du mot « mutants » dans le paragraphe ci-dessus. Il faut donc s’accrocher durant les trois premiers quarts d’heure du film et faire le deuil de ses attentes pour, enfin, avoir le droit de goûter à ce qui fait la réussite de cette série. Ce moment de grâce nous est amené par Peter / Quicksilver, interprété par le très attachant Evan Peters, seul personnage à souffler un vent d’espièglerie dont le film manque cruellement. Cette séquence, teintée de « Sweet Dreams » d’Eurythmics à la bande son, met l’emphase sur le sens du timing de Peter, qui arrive pile poil au bon moment pour sauver toute une bande de mutants sur le point d’exploser, grâce à sa vitesse surhumaine. Ce petit coup de génie n’est d’ailleurs pas sans rappeler une scène très similaire dans l’opus précédent, mettant en scène Peter qui sauve sa propre vie et celle de ses amis face à des policiers armés, sur la non moins connue « Time in a bottle », de Jim Croce.

Entre remake et renouveau

Quelle tristesse de constater que même la meilleure scène du petit dernier de Singer n’est qu’un remake de sa précédente réussite. Malheureusement, la redite ne s’arrête pas là. Singer perd de vue l’énergie inhérente aux préquels, celle qui réside dans notre excitation et notre curiosité de rencontrer ces personnages dans leur jeunesse et de comprendre les tenants psychologiques et contextuels qui les ont construits. Or, ici il s’agit plutôt de rejouer les mêmes vieilles rengaines qui s’épuisent dans un effet de déjà-vu dévastateur. Charles et Éric jouent toujours au chat et à la souris, épiloguant sur leurs visions divergentes du sort des mutants dans un monde qui leur est hostile. Mystique, toujours sous l’emprise d’Éric, traine son désarroi dans les rues de Berlin dans l’attente du moment où elle pourra sauver son amour des griffes du mal. Les prémices de l’histoire d’amour entre Jean Grey et Cyclope nous sont aussi révélées, tout comme le contexte de la première rencontre entre Jean et Wolverine, insistant sur l’interdépendance de ces deux relations. Wolverine n’apparaitra qu’à cette occasion, attisant notre désir de le voir rester avec ses copains et, pourquoi pas, leur faire comprendre à notre place qu’ils se prennent tous bien trop au sérieux. Quicksilver semble être le seul à encore savoir prendre du plaisir, dans toute sa candeur, lorsqu’il utilise ses pouvoirs, ce qui en fait d’emblée notre petit favori de cette cuvée Marvel.

Le traitement rythmique de la mise en scène, quant à lui, use la corde sensible de notre patience de spectateur bienveillant, titillant le bouton « suspense » avec beaucoup trop d’insistance, alors que nous savons pertinemment qui va y passer et qui va rester puisqu’il s’agit, je le rappelle, d’un préquel. Bryan Singer est incontestablement en perte de vitesse mais réussit l’exploit de se faire sauver, au bord du gouffre, par l’enthousiasme d’un Quicksilver à son meilleur. Quelle ironie !
 

Durée : 02h24

Date de sortie FR : 18-05-2016
Date de sortie BE : 18-05-2016
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 23 Mai 2016

AUTEUR
Margaux Latour
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