Critique de film
Un monde sans femmes

Un monde sans femmes de Guillaume Brac sort en DVD le 5 septembre, l’occasion d’aller à la rencontre d’un des films les plus charmants de l’année 2012. D’un format très court, 58 minutes, le premier long métrage de ce jeune réalisateur s’inscrit dans la lignée des œuvres rohmériennes d’amour de vacances, on pense évidemment à Conte d’été, tant l’atmosphère du film lui est proche.

Sur la côte Picarde, Sylvain (Vincent Macaigne) remet les clés d’un appartement de location à une mère et sa fille. Sylvain est un vieux garçon, Brac le filme chez lui, seul à table ou en train de jouer à une partie de tennis sur sa wii. Ces deux femmes éveillent en lui un désir maladroit. On a de la peine à imaginer un homme aussi timide et peu avenant intéresser deux femmes aussi séduisantes mais en été les critères de sélection, en vigueur pendant l’année, sont beaucoup moins strictes. La mère (Laure Calamy) est résolue à profiter de son temps libre, une manière délicate de dire qu’elle est un peu légère. La fille (la délicate Constance Rousseau) observe, veille et tempère sa mère. Sylvain tente bien une approche avec cette dernière mais elle l’éconduit avant d’embrasser le flic du bled à la sortie d’une boîte de nuit… de désillusion en surprise.

Outre l’atmosphère vraiment charmante qu’on doit surtout à la présence de Constance Rousseau, ce personnage de jeune fille cultivée à la voix fragile, et à l’interprétation relativement fausse des autres acteurs (comme à l’époque de la Nouvelle Vague, on récite le texte plus qu’on le joue) qui fait sourire, un monde sans femmes révèle l’hasardeuse courbe des sentiments, leurs chemins escarpés, l’absurdité gauche de leur existence. Car finalement ce que révèle ce petit film tourné en 16mm c’est la nostalgie de ces amours spontanées qui surgissaient du coin le plus sombre de la solitude et qui emportaient les certitudes sur son éphémère passage.

La force de Brac, offrir un moment de gloire aux oubliés de la drague de plage. Le chef opérateur Tom Harari a d’ailleurs composé lui-même une bande son tout à fait ravissante en harmonie parfaite avec le long métrage. Si vous voulez passer une heure délicate, c’est comme l’amour, il suffit de saisir ce qu’il nous tend.

Le DVD qui sort chez Potemkine Films comprend également le court-métrage le naufragé, sorte de prologue à un monde sans femmes. Au cinéma les deux films étaient présentés ensemble sous la forme d’un long métrage. Parmi les suppléments, un court-métrage d’école, des scènes coupées commentées et un entretien avec le réalisateur et le chef opérateur.

 

Durée : 0h58

Date de sortie FR : 08-02-2012
Date de sortie BE : 08-02-2012
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 04 Septembre 2012

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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