Critique de film
Twilight 5 Révélation 2e partie

Ca y est, c’est fini ! La saga Twilight vient de s’achever après 5 années de loyaux services. Les adolescentes du monde entier seront en deuil demain. Comment nourriront-elles leur soif de passion amoureuse et de fantasme nécrophile? Robert Pattinson s’en va la tête basse, chien battu injustement starifié, cocu et lassé par la nullité crescendo de la franchise. Kristen Stewart, iconisée et détestée par la moitié de la planète parce qu’elle a abusé de la promotion canapé pour jouer l'immaculée Blanche-Neige, mais aussi parce qu’elle a beaucoup de peine à sourire devant les objectifs. C’est le bout du tunnel pour les acteurs et les spectateurs. La franchise Twilight ne laissera pas une empreinte indélébile dans l’histoire du cinéma (un des rédacteurs des Cahiers avait, si mon souvenir est bon, tout de même placé le premier épisode dans son top 10 de fin d’année) mais elle aura consacré deux nouvelles idoles qui s’attarderont sans doute dans la suite de leur carrière à souiller l'image qui les fait naître. Ca a d’ailleurs déjà commencé, Stewart a joué la Marylou libertine de Kerouac en couchant avec deux hommes en même temps dans Sur la route et Pattinson a subi un toucher rectal avant de mettre Juliette Binoche à genoux dans sa limo décadente de Cosmopolis. On est déjà à mille lieux des amours asexués de Twilight où l’on se tient la main dans les champs et attend le mariage pour secouer la literie. Et si la série a tenu, c'est surtout grâce à ces deux-là, pas à cause de sa qualité formelle et scénaristique. Remercions-les donc au passage. Mais venons-en au fait qui nous intéresse !

A la fin de Twilight 4, on quitte Bella tout juste « transformée » sur son lit d’accouchement, les yeux rougis et les traits tirés. On la retrouve au début de ce dernier épisode toute pimpante, ragaillardie, en train de courir dans les bois et de se nourrir en dépiécant un puma. Un retour à la nature qui n’est pas sans rappeler un épisode du National Géographique, le pollen vole dans les airs, les oiseaux piaillent et les cerfs broutent dans l’harmonie qui précède la mort. Bella est devenue un instrument de mort et elle ne s’en plaint guère. Mais où est donc passé l’enfant au prénom difficile à porter, complètement évincé de cette première séquence qui ressemble à une phase d’initiation à la chasse ? On s’imaginait pourtant commencer par lui, non le bébé arrive dans la deuxième séquence pour ménager le suspense. Bien joufflu, bien éveillé, les yeux exorbités, le poupon n’en est pas un mais une image numérique qui lui donne un aspect totalement irréel. C’est aussi une des marques de fabrique de la saga, cette pauvreté technique. Bella découvre son enfant qui grandit anormalement… alors qu’il n’a que deux jours, il semble déjà avoir un an. Ce beau bébé a malheureusement été imprégné par Jacob, le pigeon du trio, il n’est pas parvenu à pécho Bella alors il urine sur son rejeton. Après ce quiproquo sur l’odeur, la série reprend son cours normal, il ne s’y passe plus rien.

Mais de quoi donc parle cet épisode ? Bella ne s’occupe pas vraiment de sa gamine, c’est le clan qui s’en charge. Elle est comme désincarnée. Et c’est la thématique toute trouvée de ce chapitre, rassembler le clan autour de l’enfant née dans l’illégalité. On vous disait dans la critique du volet 4 que Stéphanie Meyer (l’auteur des romans) était mormon, ça se confirme. La famille Cullen a des airs furieux de famille consanguine qui vit recluse, à l’écart du jugement du monde. Pas que je confonde la polygamie avec l’inceste mais des pater familias mormons peuvent épouser des sœurs, des cousins sont donc frères et sœurs… enfin soit. Après avoir emménagé dans une petite maison de poupée avec grand dressing pour Bella, robes et paires de chaussures à foison (morale = épouse un mec, fais le patienter jusqu’au mariage puis il te paiera un beau dressing pour te remercier de porter son enfant), la famille Cullen apprend d’une vision d’Alice (Ashley Greene) que la vie de la petite Renésmée est menacée (c’est son nom, oui c’est moche mais c’est l’esprit de clan qui veut ça, contraction des deux prénoms des grand-mères). Le clan des  méchants Volturi pense que Renésmée a été transformée en vampire alors qu’elle était enfant, ce qui est strictement interdit par le code de déontologie des vampires. Pour empêcher les Volturi de dépiauter la gamine, il va falloir s’organiser et trouver des vampires prêts à la défendre.

Nous voilà partis pour la meilleure séquence de toute la saga ! L’affrontement final qu’on devrait appeler le défilé final tant le casting est tiré à quatre épingles, c’est la fashion week automne-hiver. Des vampires débarquent du monde entier, deux belles amazones, quatre irlandais, deux italiens farouches opposants au clan des Volturi, quelques desperados solitaires etc… les nouveaux arrivants ont tous des pouvoirs et on découvre celui de Bella... c’est un bouclier ! Elle peut protéger les autres. Génial ! Tout le monde se retrouve dans une immense clairière tapissée de neige. Le clan des Volturi débarque en nombre, une bonne centaine à vue d’œil, robes et capuches noires monacales (l’église catholique). Lui fait face, le clan Cullen et consorts (les mormons). La tension est palpable, ça me rappelle West Side Story, encore mieux la Communauté de l’anneau. Les loups garous s’invitent à la fête et viennent épauler les Cullen. La salle est parcourue de frissons, mes mains se nouent. Alice est la première à lancer les hostilités, un coup de pied retourné dans la face d’Aro le chef des Volturi, celui qui lit dans les pensées. Yihaaa ! Eh bien, vous penserez sans doute que je plaisante et que j’emploie le second degré comme je le fais depuis le début de cette critique mais non, je suis sérieux… c’est la séquence la plus épique de toute la saga Twilight. Il se passe enfin quelque chose. Les corps s’esquivent, s’entrechoquent, des têtes sont décapitées, des personnages centraux sont immolés, la terre s’ouvre sous leurs pieds, des loups meurent en poussant des cris de chiens blessés, c'est la fin du monde. Mon esprit d’enfant est ravivé, celui qui inventait des combats infinis dans sa chambre solitaire et qui rêvait un jour d’avoir une bande rien qu’à lui, un groupe, un clan à l’instar de celui des Cullen pour se battre au nom de la camaraderie. J’ai donc été complètement aspiré par la scène, prisonnier de sa séduction facile jusqu’à ce… twist ridicule dont je vous épargne, magnanime, la teneur. La fin de l’épisode est niaise, elle revient à ses fondamentaux, laissant le fragile souvenir de ce passage de violence aveugle, de décharge primaire et pulsionnelle où la mort de l’autre est une nécessité créatrice et tribale.

Que restera-t-il de ces cinq films à la pauvreté scénaristique démesurée et au naufrage visuel constant ? Pas grand-chose si ce n’est, nous le rappelions plus haut, la naissance de deux icônes parce que pour le reste ce fut une véritable purge. Scénographie hideuse, dialogues ringards, clone des séries du genre, morale déboussolante de connerie, mise en scène plate, décors grotesques, effets spéciaux catastrophiques, aucune maîtrise des fonds verts, le rendu est souvent complètement raté, le tout est aussi statique qu’une photographie la Redoute. Twilight avait quelque chose de séduisant dans l’idée de départ, mais c’était sans compter sur le petit sifflement moraliste, sur la triste métaphore de la vie de femme qui condamne cette dernière à être assujettie à un homme, projetée dans son clan en laissant sa propre famille à l’écart, abandonnant la virginité pour une exclusivité sexuelle de parfaite petite épouse. Les hésitations et atermoiements entre le chien fou et le livide n’étaient que des diversions pour masquer le manque d’imagination d’une histoire qui a vidé le genre cinématographique « vampire » de son sang et de son essence. Les vampires sont des libertins que diable qui prennent et abusent. Enfin c’est fini, et c’est tant mieux !

Etant actifs dans la blogosphère, nous avons ce jour une pensée émue pour tous les sites qui avaient fait de Twilight leur fond de commerce, nous leur souhaitons d’ores et déjà une bonne reconversion. 

Durée : 1h55

Date de sortie FR : 14-11-2012
Date de sortie BE : 14-11-2012
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anais
28 Décembre 2012 à 22h43

le film et trop bien mais c pas possible que sa s'arrete apres je suis une grande fan de twilight et moi je dit que sa ne peut pas arrete
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Critique mise en ligne le 12 Novembre 2012

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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