Critique de film
Total Recall 2012

Le remake est une arme à double tranchant. Voire triple…

A défaut de suites qui dénaturent complètement les épisodes de base ou de prequels qui tentent de prolonger la machine à dollars au maximum, les studios parfois (j’ai dit souvent ?) en manque d’inspiration, usent et parfois abusent du processus en allant rechercher des vieux films et en les mettant au goût du jour. Or, sorti en 1990, le Total Recall originel avait ce côté original et novateur qui en a fait, malgré le côté kitsch et les effets spéciaux d’un autre temps (allez voir la bande-annonce, ça fout un choc…) un petit classique du genre. Pour cette version 2012, tant dans le fond que dans la forme, on se trouve dans un film d’action assez classique avec toutes les étapes obligées (poursuites, cascades, méchant débonnaire, trahisons, héros seul contre une armée surentrainée de 50 000 droïdes mais qui leur fout malgré tout une branlée,…). Par contre, tout comme son prédécesseur, le film propose des aspects technologiques intéressants par leur ingéniosité (téléphones intégrés, frigos à écran tactiles, apesanteur inversée, reconnaissance oculaire,…) et des décors hyper créatifs qui permettent aux protagonistes des chevauchées épiques (on se croirait parfois dans Mario Bros pour l’aspect plate-forme ou dans une version de Yamakasi à Bangkok ou dans une Venise trash). Visuellement, même si on regrette les personnages farfelus du premier, le pari futuriste est assez réussi.

 
Par contre, la faiblesse du film est plutôt à chercher au niveau du jeu des acteurs. Car là où le héros était à l’époque incarné par un Arnold Schwarzenneger en pleine bourre qui venait d’enchainer rien moins que TerminatorPredator et Running Man, les producteurs ont ici décidé (de tenter) de relancer Colin Farrell, un acteur devenu un peu has been et surtout en perpétuelle quête depuis quelques années de la crédibilité de ses débuts et qui avait déjà œuvré dans un film du même genre dans Minority Report. Et force est de constater que le passage à vide n’est pas prêt (au niveau qualitatif) d’être résolu… Il n’est certes toujours pas désagréable à regarder, mais par contre, son jeu est complètement faux et les émotions qu’il tente de faire passer (un existentialisme hypra chiant au début film du style « Mais quel est le sens profond de ma vie ? » ou le trouble créé par l’incertitude de se trouver dans ses rêves, son passé ou son présent) sont la plupart du temps jugées OUT par l’arbitre… Ses partenaires féminines ne sont pas forcément plus à la fête et on peut en gros leur reprocher les mêmes défauts. Jessica Biel est comme à son habitude aussi agréable à regarder que peu convaincante dans sa déclamation de texte. Par contre, Kate Beckinsale, qui reprend le rôle interprété en son temps par Sharon Stone, remplit elle le contrat de manière assez honorable. Mise en valeur par son boyfriend de réalisateur, (Len Wiseman qui l’a déjà dirigée dans la série Underworld) elle nous gratifie (outre la scène d’ouverture en petite culotte) de quelques cascades et glissades de premier ordre, démontrant une souplesse à en faire pâlir l’ « awarité » de Jean-Claude Van Damme
 
 
Le scénario quant à lui a été remanié et rendu quelque peu basique pour laisser la part belle à l’action. On a donc plutôt tendance à perdre le fil et surtout à ne plus très bien comprendre si l’on est dans l’esprit du héros ou dans la réalité. De plus, la vision de cette terre dévastée par une guerre chimique et sur laquelle il ne resterait plus que 2 entités (La Fédération unie de Grande-Bretagne et la Colonie (entendez Australie) ) semble avoir été décidée par les scénaristes en 5 minutes sur un coin de table lors d’une soirée arrosée. Il y a également de nombreuses références à des films comme Star WarsOrange MécaniqueInceptionA.I. ou I Robot et on a parfois l’impression dérangeante que le réal a joué à se faire plaisir ou à simplement reprendre des passages qui ont fonctionné par ailleurs. Il y a aussi des allusions au film de 1990 avec les voitures volantes, le métro et les hologrammes et on a bien sûr droit (un rien trop rapidement) à ce fameux personnage dont tout le monde se souvient en repensant au film. You know what I mean ?

En conclusion, c’est moins pire que ce à quoi je m’attendais, c’est un film d’action agréable, mais il y a fort à parier que la version 2012 ne sera pas assez originale que pour rester culte et devenir kitsch vintage dans 20 ans…
 
Durée : 2h01

Date de sortie FR : 15-08-2012
Date de sortie BE : 15-08-2012
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
PARTAGEZ CET ARTICLE
LAISSEZ VOTRE COMMENTAIRE
Nom : (Obligatoire)
Mail : (Obligatoire)
Site web :
LIKEZ LE PASSEUR !
Critique mise en ligne le 23 Août 2012

AUTEUR
Alexandre Janvier
[67] articles publiés

Rédacteur en chasse perpétuelle de nouvelles émotions cinématographiques, de grandes p...
[en savoir plus]

NOS DERNIERS ARTICLES