Critique de film
Sils Maria

Le Pitch : Maria (Juliette Binoche), actrice à succès qui avait connu la gloire au théâtre en interprétant Sigrid, une jeune femme ambitieuse qui conduit sa boss, plus mûre au suicide. 20 ans plus tard, Maria est invitée à reprendre cette pièce mais cette fois-ci en interprétant le rôle d’Helena, ce qui va lui poser quelques problèmes d’ego… car c’est bien connu les actrices n’aiment pas vieillir.

Kristen Stewart surclasse Binoche

La première partie du film, mise en scène avec délicatesse, est un mano à mano assez envoûtant entre Kristen Stewart (sans doute dans son meilleur rôle, parfaite et toute en retenue du début à la fin) et Juliette Binoche, entre l’assistante et la diva. On y passe beaucoup de temps à décrocher des téléphones et à converser des rôles à choisir. Puis le film installe son intrigue avec un découpage narratif conclu par des fondus au noir. L’intrigue glisse comme ce serpent de nuages, au cœur du film, qui vole entre les sommets des alpes suisses pour rappeler le temps qui passe. L'achimie palpable entre les actrices rend l'aventure passionnante.

La théâtralité du propos est agréable car animée par des panoramas alpins ravissants où la comédienne et son assistante se promènent pour répéter. Ce qui crée un équilibre parfait entre le huis clos et ses respirations extérieures. Si vous me permettez cette facilité, je dirais que la mise en scène atteint là des sommets.

Le serpent se mord la queue

Relativement fascinant dans sa première partie (le film est construit comme une pièce en deux actes et un épilogue), Sils Maria d’Olivier Assayas finit malheureusement par se mordre la queue pris au piège de sa construction narrative usant à l'excès de la mise en abyme.

Kristen Stewart passe de l'assistante à l'actrice en devenir puisqu'elle donne la réplique à Binoche lors ses séances de répétition. Binoche est évidemment dans un rôle sur mesure, une actrice caméléon rongée par la peur de vieillir et de voir la nouvelle génération lui voler la vedette, sa transformation physique tout au long du film est saisissante. Chloé Grace Moretz interprète elle la nouvelle actrice aux dents longue qui a connu la renommée grâce à des rôles de super-héros mais sa prestation reste anecdotique. Le conflit générationnel entre l’actrice classique et les nouvelles stars harcelées par les paparazzis est cependant un peu bateau. A trop ressasser le même sujet en le décortiquant dans tous les sens, le film perd de sa substance, bergmanienne soit-elle. De fascinant, le film glisse vers le prévisible et le convenu.

Une réflexion sur le métier d'actrice certes au coeur de la vie du réalisateur mais qui peut laisser les spectateurs sur la touche... reste la divine Stewart, cheveux de feux, à mille lieux des conneries crépusculaires.

Durée : 2h03

Date de sortie FR : 20-08-2014
Date de sortie BE : 20-08-2014
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 23 Mai 2014

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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