Critique de film
Mission Impossible 4

Tom Cruise est impressionnant. Non, c'est vrai ! Il a obtenu son meilleur rôle dans Eyes Wide Shut alors masqué faut-il le rappeler et n'a pas vraiment changé sa manière de jouer depuis Top Gun. En ce sens, il a un peu une carrière à la Bruce Willis, le gars qui ne veut pas vieillir, qui continue de penser qu'il a le corps d'un albâtre et qu'il peut être crédible en agent secret qui tord des bras tout en marchant, relaxe, la mèche au vent. Il n'est donc pas étonnant de le voir produire ce quatrième volet de Mission Impossible qui raconte comme à chaque fois l'histoire improbable d'agents secrets rejouant la guerre froide. Ce qui est plus surprenant c'est de le voir confier la réalisation du film à Brad Bird des studios Pixar. J.J. Abrams est également crédité en tant que producteur au générique, une sorte de gage de qualité !

A quoi pouvions-nous sérieusement nous attendre ? A pas grand-chose de plus que ce que Yann Barthès  nous résumait la semaine dernière: des explosions où Cruise est projeté au sol après avoir fait un vol plané, à un rôle de méchante confiée à une française, cette fois-ci Léa Seydoux et à des cascades vertigineuses prenant prise sur un immense building, en l'occurrence le Burj Khalifa de Dubaï. Le pitch est aussi farfelu qu'à l'accoutumée. Cruise est enfermé dans un cachot russe alors qu'il a été arrêté pour un sextuple meurtre en Croatie. Une opération secrète a pour mission de le sortir de là. Aussitôt la scène d'action d'introduction achevée, on repart illico au Kremlin où la fine équipe est chargée d'intercepter les codes d'une ogive nucléaire, la mission foire et le Kremlin explose en mille morceaux. Le quatuor est alors privé de sa couverture et doit s'en sortir tout seul. Comme ils ont le sens des responsabilités ils décident de réunir leurs talents pour sauver la planète.

L'impression d'ensemble ? Le film tient ses engagements de gros déménagement d'action bourré de testostérone. On voyage entre Moscou, Dubaï, Vancouver, Prague et Mumbaï sans trop comprendre pourquoi. L'équipe, pourtant sans soutien, parvient toujours à se trouver un arsenal imposant, à voyager en jet, à louer des BMW dernier cri et à utiliser massivement les dérivés d'Apple. Cruise a lui-même tourné, sans doublure, la scène ahurissante de voltige sur la plus haute tour du monde. Rien que pour la sidérante cascade, le film vaut le vertige. Pour le reste, vous l'aurez compris inutile de se déplacer. C'est aussi prévisible qu'attendu. Les méchants ne l'emportent pas au paradis, l'équipe doit toujours sacrifier un de ses membres, Cruise esquisse un baiser glacial et montre son torse vieillissant face caméra.

Parce que finalement la franchise Mission Impossible n'est ni plus ni moins qu'une vitrine sponsorisée par Paramount Pictures (140 millions tout de même) pour stariser l'acteur le plus surfait de sa génération, le seul capable de passer un film sans décocher un sourire, sans faillir un seul instant à sa froideur naturelle et à son sens de la démesure. Brad Bird parvient à équilibrer le blockbuster d'une certaine ironie à défaut d'originalité. C'est propre, efficace mais désespérément déjà vu !

Réalisateur : Brad Bird

Acteurs : Tom Cruise, Jérémy Renner, Simon Pegg

Durée : 2h13

Date de sortie FR : 14-12-2011
Date de sortie BE : 21-12-2011
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 20 Juillet 2012

AUTEUR
Cyrille Falisse
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Créateur et rédacteur en chef du site, j'ai toujours eu deux maîtresses : l'écr...
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