Critique de film
Les Saisons

On avait laissé le duo Perrin/Cluzaud sur une ode aux océans dans le film du même nom, qui dénonçait l’impact de l’Homme sur la faune et la flore sous-marine. Dans Les Saisons, les documentaristes refont surface pour filmer sur terre la cohabitation entre les hommes et les animaux sauvages. Si ces derniers incarnent les principaux sujets du film, le personnage central de ce long-métrage reste la forêt. Une forêt qui a petit à petit perdu au fil des millénaires et des siècles du terrain sur des terres peu à peu cultivées et aménagées par l’homme, le plus souvent pour le pire ces derniers temps.

Ce que filment Perrin et Cluzaud, ce sont donc les animaux des forêts au fil des saisons, et leur adaptation à la vie contrainte et forcée avec l’Homme, qui au nom du « progrès » s’est mis à domestiquer certaines espèces, et à en chasser d’autres. Les Saisons nous invite donc à un voyage dans le temps long de plusieurs milliers d’années, passant en revue de façon non-exhaustive des exemples d’espèces animales aujourd’hui disparues de notre environnement proche (l’impressionnant troupeau de bisons dans la neige, les chevaux sauvages de l’Est de l’Europe, à une meute de loups plus près de chez nous). Il est évident que le film, par le biais de commentaires audio qui savent rester discrets, nous oriente clairement vers une prise de conscience écologique, incitant le spectateur a d’avantage respecter la Nature et les animaux, pour ne par que ceux-ci disparaissent pour de bon.

Ce message plein de bons sentiments passe comme toujours avec ces cinéastes par de sensationnelles images tournées au plus près des animaux. La marque de fabrique « Jacques Perrin » réside dans l’obtention de spectaculaires scènes de vie des animaux, ici filmés dans leur habitat naturel, au prix d’artifices un peu trop voyeurs par moments (caméras dans des terriers ou des nids).  L’effet est immédiat : comment ne pas rester insensible aux charmes des petits renards jouant ensemble, du bébé lynx apprenant de sa mère, ou bien encore de cette meute de loups aussi belle que sauvage, résumant à elle seule le devoir d’insoumission de la nature face aux hommes, pourtant bafoué par ces derniers.

Devant Les Saisons, le spectateur n’est pas livré à lui-même, même s’il faut reconnaître que le film refuse tout didactisme, réservant peu de morceaux de bravoure au profit d’une observation calme et ciblée du compartiment des animaux. On nous place dans la position d’un observateur patient et privilégié qui attendrait depuis longtemps que quelque chose se passe devant lui. Certes, ils sont peu nombreux les plans dans ce film à ne pas mettre en scène un animal, mais la plupart du temps, c’est un tableau qui nous est offert, celui d’un animal dans un contexte, avant qu’il ne soit question d’action. A deux ou trois reprises cependant, le temps de suivre la meute de loups chasser un sanglier ou un jeune cheval, le film s’emballe alors et fait la démonstration du brio technologique de la captation de ces instants. Si certains des animaux filmés sont dressés, ce qui imprime la rétine du spectateur est la beauté et la force que dégagent ces renards, ces ours, ces oiseaux, ou bien ces cervidés. La seule beauté de ces êtres vivants devrait alors suffire à les protéger de tout acte malveillant en provenance de l’homme. Devrait… car la réalité est toute autre…

Perrin et Cluzaud signent donc avec Les Saisons un nouveau documentaire animalier responsable et inspirant, dopé aux hormones technologiques permettant des plans presque miraculeux (nous n’avons pas parlé de certains gros plans sur des insectes ou des oiseaux). Si le film se veut un divertissement familial, la cause écologique qu’il défend ne passe jamais au second plan pour autant, et c’est là l’essentiel, même si on ne peut pas vraiment parler de militantisme forcené. 

Réalisateur : Jacques Perrin, Jacques Cluzaud

Acteurs : (Indisponible)

Durée : 1h36

Date de sortie FR : 27-01-2016
Date de sortie BE : 27-01-2016
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Critique mise en ligne le 03 Février 2016

AUTEUR
Jérémy Martin
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