Critique de film
La fille du 14 juillet

Premier film frais et sympathique, La Fille du 14 juillet est une belle respiration dans le paysage cinématographique français. Comédie légère sur fond de crise, le film d'Antonin Peretjatko raconte l'histoire d'Hector, qui pour draguer Truquette (rencontrée le 14 juillet), décide de l'emmener à la plage. Un voyage haut en couleurs en compagnie d'amis tout aussi barrés qu'eux, alors qu'à Paris, la crise éclate, et que le nouveau gouvernement (suite au retour de Sarkozy !) décrète que la rentrée de septembre aura lieu au premier août !

La séquence d'ouverture est formidable et donne le ton. On y voit les deux derniers défilés militaires du 14 juillet filmés en accéléré, en suivant Sarkozy et Hollande serrer des pinces et s'asseoir à la tribune officielle. Le tout, sur fond de musique guillerette et de détonations. Peretjatko a pour objectif de ne pas s'emcombrer des convenances, et son film s'amuse de bien des situations, détournant pas mal de codes génériques, et frôlant l'irrévérence politique pour notre plus grand plaisir. Entre romance légère et comédie loufoque, La Fille du 14 juillet avance à un rythme soutenu au gré de situations qui malheureusement ne sont pas toujours inspirées.

Si certains gags et idées font mouche (le dîner dans la maison de campagne du médecin en fuite est un sommet du film), d'autres ratent complétement le coche. La liberté créatrice qui entoure cette production à petit budget, et qui autorise de tels débordements, est la marque de fabrique de ces premiers films inspirés qui échouent toutefois à emporter l'adhésion totale du spectateur. On se souvient par exemple de La Reine des pommes de Valérie Donzelli, également tourné avec trois bouts de ficelle, également imparfait mais non sans charme. Surtout qu'on y voit très nettement s'affirmer l'envie pour ces cinéastes en herbe de jouer la carte de la filiation avec la Nouvelle Vague.

Ici, on se rattache à la gueule des acteurs, tous épatants, à commencer par Vincent Macaigne. Contrairement à Magic Magic, également montré à la Quinzaine des Réalisateurs, on aime à suivre les aventures délirantes (et pas seulement à cause du délire) de ces amis en vadrouille avec qui on aimerait partager l'une des nombreuses bouteilles ouvertes à l'écran. La dimension festive de l'entreprise n'occulte pas non plus son contenu politique (à défaut de pouvoir dire militant), et l'ajout d'une teinte nostalgique à cet égard (des références au Front Populaire comme à Mai 68) participe également à rendre le film très attachant. 

Durée : 1h28

Date de sortie FR : 05-06-2013
Date de sortie BE : 11-09-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Critique mise en ligne le 26 Mai 2013

AUTEUR
Jérémy Martin
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