Critique de film
Capitaine Phillips

Tom Hanks se remet dans la peau d’un homme qui lutte pour sa survie dans Captain Phillips. Cette fois-ci, il est la proie de pirates Somaliens et non pas d’une île déserte ! Le réalisateur Paul Greengrass (Green Zone, The Bourn Ultimatum) a su transposer à l’écran ce fait vécu avec puissance, notamment par une tension bien soutenue, mais aussi par une caméra qui souffre du syndrome parkinsonien. 

C’est à bord du Maersk Alabama que Richard Phillips et son équipe se font prendre d’assaut près de la corne de l’Afrique. Armés et entêtés, les jeunes braqueurs kidnappent le capitaine pour réclamer une rançon auprès de la US Navy.

Il erre dans ce film une odeur de prémonition : tout est prévisible sans l’être vraiment. C’est une histoire vraie (à la différence du récent A Hijacking de Tobias Lindholm qui abordait la même thématique), certes, mais on la vit littéralement avec l’équipage. Dès les exercices d’alertes, on se sent proche de tout : des manettes de contrôles, des passerelles, du radar. Sans élever la charge émotive par une musique trop présente, le film communique avec le spectateur principalement à travers les yeux du personnage, l’eau qui perle sur son front, la fureur de vivre qu’il dégage… L’espace est beaucoup travaillé dans le film. On capte fréquemment une image très serrée – on suit un « guide » dans  ses moindres faits et gestes – ce qui peut être quelques fois agaçant, mais ça favorise l'identification. Les plans larges, quant à eux, sont courts, rares et très significatifs. Ils ont la fonction systématique de nous rappeler qu’il n’y a aucune porte de sortie : nous sommes en pleine mer et seule une bonne stratégie peut nous sauver… à moins que les renforts ne s’en chargent ?

Ce Capitaine Phillips offre à nouveau un rôle très intense à Hanks qui avait déjà illuminé le survival Cast Away. Père de famille qui s’éloigne pour un boulot risqué, responsable inébranlable d’un navire et enfin, victime pétrifiée. On y découvre aussi pour la première fois des acteurs somaliens fort convaincants en tant que brigands. Captain Phillips se démarque surtout par la qualité des interprétations, par l’intensité du scénario et des prises de décisions que doivent assumer les protagonistes. Cependant, les moments de négocations restent assez simplistes et ralentissent la cadence.

À l’image de Flight ou Piché : Entre ciel et terre, on assiste à l'introspection du commandant tout en savourant la détresse et les regrets de certains. En adaptant le livre A Captain's Duty : Somali Pirates, Navy SEALs, and Dangerous Days at Sea Paul Greengrass et le scénariste Billy Ray  mettent en avant l’humanisme plutôt que le jugement facile et exposent les motivations de chacun en évitant le piège de la partialité. Il n’y a pas de doute : on se souviendra de ce film !

Durée : 2h14

Date de sortie FR : 20-11-2013
Date de sortie BE : 04-12-2013
PAR LE MÊME RÉALISATEUR
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Lucie Bédard
13 Novembre 2013 à 21h36

Excellente critique!
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Critique mise en ligne le 31 Octobre 2013

AUTEUR
Jean-François Ratelle
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Cinéphile d’abord et avant tout, j’ai toujours rêv&eacu...
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